Le Super Cafoutch à la première rencontre Intercoop 2


C’est à la Bellevilloise à Paris, le 25 février dernier, qu’étaient réunies les délégations des (surtout futurs) supermarchés coopératifs en France et en Belgique pour la première rencontre Intercoop.

Présentation des ateliers

Une vingtaine de projets, tous à des étapes différentes de développement, mais avec le même objectif : ouvrir un supermarché selon le modèle de la Park Slope Food Coop et de La Louve coopérative. Suite à cette rencontre Intercoop, chaque projet a maintenant l’accès à un Forum pour l’échange d’expériences et de conseils entre villes.

La journée s’est principalement articulée autour d’ateliers thématiques :

Le matin : Gouvernance et organisation en phase de création / Recrutement des membres / Informatique : le logiciel Odoo / Le montage juridique / Le financement de l’avant-projet.

L’après-midi : Organisation et Gouvernance en phase d’ouverture / Le financement du projet de supermarché / L’aménagement du supermarché / La planification du bénévolat des membres / L’approvisionnement et le travail avec les fournisseurs.

rencontre Intercoop Bellevilloise
Présentation de l’Intercoop

Sans entrer dans des détails techniques, il nous a semblé important de partager ici l’introduction de la journée faite par Tom Boothe, fondateur et coordinateur de la Louve coopérative. Il a dressé une liste de conseils essentiels à suivre pour gérer un supermarché coopératif et participatif…Nous n’en sommes pas encore à l’étape du supermarché mais ses neuf points sont à garder en tête tout au long de notre aventure :

  1. Bien étudier le fonctionnement de la Park Slope Food Coop et de la Louve dans les moindres détails. La Park Slope est un vrai succès, autant s’en inspirer au maximum.

  2. La gestion des membres de la coopérative : trouver l’équilibre entre discipline et souplesse. Pour chaque créneau de travail, il y a des tâches bien précises à faire selon une procédure. Il faut là trouver un bon équilibre entre l’application de cette procédure, la formation et la prise d’autonomie. Impliquer les membres, les responsabiliser, le tout dans une bonne entente. Une erreur n’est pas grave, là réitérer devient plus embêtant, d’où le fait de bien communiquer, de bien former…

  3. Veiller à la bonne ambiance ! Pour créer du lien, rien de tel que de travailler ensemble. Le travail en équipe amène de la proximité (voire de l’intimité !), une ambiance agréable, et aussi des habitudes. Cela suppose donc de faire travailler les membres toujours sur le même créneau horaire mensuel.

  4. Le système de coordinateurs (middle management) est très important dans le fonctionnement de la coopérative. Il permet de dégager du temps aux salarié.e.s qui sont généralement « les pompiers de la coopérative » en cas de problème. Ils font le lien entre les salariés et les membres.

  5. Assurer une gouvernance juste avec les AG (nos Forums) comme lieu démocratique. Les salarié.e.s et les membres très actifs ne doivent pas décider seuls parce qu’ils sont très impliqués et très au courant des modes de fonctionnement. Cependant, les salarié.e.s et les membres très actifs accumulent forcément un savoir-faire et des compétences plus importants de par leur implication, et il est important de ne pas négliger leur avis. Tout est une question d’équilibre !

  6. Une équipe de salarié.e.s soudée. Elle est garante de la vision démocratique et de la dimension coopérative du projet. Elle doit « donner envie » aux membres.

  7. Faire attention aux finances, ce projet de coopérative est un projet « radin ». Faire le plus d’économies possibles est obligatoire. Il faut savoir repérer les dépenses nécessaires des superflues. Exemple concret : trouver des étagères/rayons en faisant de la récup’ mais acheter du matériel frigorifique neuf.

  8. Avoir un grand supermarché ! Il est absolument nécessaire d’avoir de gros volumes et une grande diversité de produits pour que ça marche ! Les membres doivent pouvoir trouver tout ce dont ils ont besoin dans leur supermarché coopératif afin d’éviter qu’ils aient à compléter leurs courses ailleurs. Au risque de créer une lassitude et un départ du projet…

  9. Équilibre dans les types de produits : répondre aux besoins culinaire des membres et du territoire. Pour ce faire, il faut penser aux habitudes alimentaires de tout le monde. Avoir des produits labellisées (éthiques et respectueux de l’environnement) et conventionnels (moins éthiques, moins respectueux mais moins chers), nous n’avons pas tous le même portefeuille et les mêmes avis. Trouver un consensus dans le choix des produits permet d’assurer la mixité sociale du projet. Tom Boothe utilise le parallèle suivant, « lorsque l’on va dans son supermarché coopératif, il faut y aller comme si on allait dans une bibliothèque publique, on doit pouvoir trouver des livres qui traitent de tous les sujets ».

 


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